dimanche 10 février 2013

La Neige, l'autonomie et mes BTS !

J'ai déjà eu l'occasion de vous parler de mes étudiants en BTS.

Au risque de me faire niaiser par mes amis québécois, vendredi dernier (Le 08/02/2013 pour ceux qui liront ce billet dans le futur ;o)) je n'ai pas pu me rendre au lycée où j'exerce en raison de l'état des routes (5cm en plaine au départ de chez moi, 20cm à mon bahut en montagne).

J'étais donc dans l'incapacité d'encadrer mes étudiants physiquement, mais, j'ai pu le faire virtuellement.

Récit des évènements :
J'avais prévu de les amener à utiliser quelques outils plus élaborés du tableur comme les sous-totaux, les filtres et les tableaux croisés dynamiques (Table de pivot pour celles et ceux qui utilisent LibreOffice) : nous n'avions jamais abordé ces sujets auparavant.
Cette activité était, comme d'habitude, disponible sur mon site de cours.
Certains des étudiants travaillent sur cet outil depuis au moins trois ans, voire davantage pour les plus anciens, d'autres l'ont découvert en septembre à leur arrivée en BTS.
Les premiers sont donc familiers de l'outil, les seconds se le sont appropriés assez rapidement, même si certaines subtilités leur échappent encore (Notamment les nombreuses aides en ligne disponibles contextuellement : à méditer quant à l'ergonomie de mon outil...)
Je peux accéder au réseau du lycée, via un VPN sécurisé, depuis chez moi.
J'utilise par ailleurs Italc, qui me permet de :
  • visualiser les écrans de chacun des postes de la salle informatique ;
  • prendre la main sur un poste pour guider un apprenant ;
  • envoyer un message à l'un ou l'autre des apprenants ;
  • diffuser le contenu de mon écran sur tout ou partie des postes de mes apprenants ;
En accord avec ma hiérarchie, les étudiants ont été invités à se rendre en cours normalement. Une fois connectés au réseau informatique du lycée, je les ai pris en charge.

Leur maîtrise de mon site de cours leur a permis de se mettre au travail, sans que je ne sois amené à intervenir.
J'ai pu observer leur progression par écran interposé et guider celles et ceux qui semblaient en difficulté tel que je l'aurais fait en présentiel.
Italc ne permet pas un véritable échange avec les apprenants, en effet, ces derniers ne peuvent pas me contacter, ni répondre aux messages que je leur envoie : mais, les plus anciens de mes étudiants savent contourner cette difficulté, ils ouvrent une page de traitement de texte et écrivent en gros pour me solliciter.Par ailleurs, pour certains, nous avons pu échanger par Tchat via Gmail.La salle informatique n'est pas prévue pour ce type d'exercice, aussi, aucun poste n'est équipé d'une WebCam (J'y remédierai rapidement...), mais, pour avoir testé Google HangOut en conditions réelles, je puis témoigner que l'outil est performant.
Conclusion :

J'utilise Italc même lorsque je suis présent au lycée, dans la salle informatique, cet outil me permet d'observer les pratiques de mes apprenants, d'identifier les cheminements qui les conduisent à utiliser tels ou tels outils de telles ou telles façons.
Cette observation me permet de scénariser (1, 2) mes activités au plus juste afin de ne placer aucun apprenant en situation d'échec.
Mes apprenants savent que je n'utilise pas cet outil pour les espionner, et, ainsi que le démontre leur capacité à contourner les carences en communication de cet outil, ils savent l'utiliser à leur avantage.
En présentiel, si un apprenant me sollicite, je l'interroge sur son son besoin, je l'invite à demander de l'aide à un camarade et malgré ma tentation, j'évite de fournir une solution toute faite.
Je n'interviens qu'en dernier recours et, souvent, lorsque je me décide à le faire, j'ai le plaisir t'entendre l'apprenant concerné m'annoncer que ce n'est plus la peine...
Mes apprenants sont donc habitués (conditionner ?) à se débrouiller avec ce que je mets à leur disposition (les consignes du site de cours) et l'entraide communautaire.
Dans le cas qui nous intéresse, mes étudiants de BTS n'ont donc pas été dépaysés par mon absence physique, ils savaient que j'étais présent virtuellement et l'ont vérifié en m'adressant quelques blagues histoire de tester ma réaction par écran interposé.
J'ai néanmoins été très agréablement surpris de l'autonomie dont ils ont fait preuve sur un sujet qu'ils découvraient et je les en remercie.
Au vue de l'avancement de leurs travaux et de la qualité de ces derniers, je considère que mon absence physique ne les a pas dérangé.
J'ose espérer que mes choix pédagogiques sont pour quelque chose dans la réussite de cette expérience impromptue...

mardi 1 janvier 2013

De l'entrain pour cette nouvelle année 2013 !


Bonne et Heureuse Année 2013 à Toutes et Tous !


jeudi 13 décembre 2012

La Vie au Bahut comme Jeux Sérieux : Faut-il encore enseigner l'Informatique ?

Je vous propose de découvrir, et soyons fou, de réagir sur le contenu de ma réflexion quant à l'avenir des TICs et de l'Outil Informatique dans le monde de l'éducation.

J'utilise, dans les documents ci-dessous, le sigle TIM en lieu et place de TIC. 
Ce sigle témoigne d'une spécificité du Ministère de l'Agriculture Français qui parle de Technologies Informatiques et Multimédias et met à disposition de ses établissements des Profs TIM dont les missions sont détaillées dans la carte heuristique ci-dessous.

Pour les gens pressés, le condensé sous la forme d'un Prezi :



Les plus observateurs remarqueront que cette présentation simule une succession d'engrenages témoignant de l'interdépendance des éléments évoqués dans le cadre d'une réflexion systémique.

Pour celles et ceux qui ont davantage de temps à y consacrer, la Carte Heuristique (Soyez patient lors du chargement...) qui présente non seulement les références bibliographiques sur lesquelles je me suis appuyé, mais aussi, les ébauches de solution que je propose :


Cette carte est conçue comme un entonnoir, à gauche, tous les éléments pris en considération, à droite, toutes les solutions envisagées.

Allez, à vos claviers, c'est bientôt Noël !

samedi 8 décembre 2012

Pédagogie de projet : pour une approche moderne !

Je partage avec enthousiasme cette lecture avec vous tous :

De la tâche à l’action professionnelle : Enjeux de la conception d’un manuel de français pour l’ingénierie

Quelques citations qui, pour moi, font sens :
  • La démarche actionnelle, rappelons-le, considère la tâche comme une activité réelle, pouvant être immédiate ou différée.
  • La démarche de projet suppose quant à elle une finalité extrinsèque, qui oblige également le groupe d’apprenants à agir dans une réalité située.
  • Contrairement à la conception traditionnelle de la démarche projective, qui place le projet à la fin du parcours didactique, en guise de synthèse des apprentissages, la conception moderne  commence la démarche didactique par le projet ; sa mise en place par l’enseignant, son appropriation par les apprenants, le recensement des moyens disponibles et des savoir-faire nécessaires, tout cela se place au début du processus. Dans cet ordre des choses, les apprentissages ne conduisent plus au projet, ils en découlent.

samedi 29 septembre 2012

Apprendre : De l’information au Savoir-Être, qui fait quoi ?


A mes étudiants de BTS...


Cette année, j'enseigne pour la première fois à des étudiants de BTS.
Dans mon imaginaire, ils devaient être autonomes, méthodiques, motivés, ... en un mot PARFAITS !

Or, quelques cours plus tard, il semble que mon imaginaire ne soit pas conforme à leur réalité...

Il semble qu'ils n'aient pas conscience qu'ils ont quitté le monde scolaire.

Il semble qu'ils n'aient pas conscience du rôle qu'ils ont à tenir dans leur propre parcours d'apprentissage.

Je vous propose/je leur propose de découvrir ci-dessous l'apport méthodologique que je souhaite leur transmettre par l'intermédiaire de ce billet de blog afin de jeter les bases susceptibles de nous faire progresser ensemble au cours de cette année.

Un parcours d'apprentissage devrait permettre à chacun (Apprenant et enseignant !) de s'élever, de grandir au cours d'un processus de sublimation des informations transmises, selon un processus d'élévation graduelle en 4 étapes distinctes :

  • une information devient
  • une connaissance qui enrichit
  • un savoir qui s'autonomise en
  • un savoir-faire qui s'exerce au service d'
  • un savoir-être.

Au cours de ces étapes, l'information s'enrichit, se complexifie (Attention à ne pas confondre avec complication !), gagne en pertinence, s'opérationalise, se partage.

Pour avoir une idée précise de la signification que j'attribue au mot élévation, j'invite mes lecteurs à considérer ces références bibliographiques :
Certes mes références sont toutes issues du domaine de la science-fiction, mais il me semble, qu'elles sont parlantes et illustrent bien ma pensée, contribuant donc à la clarté de mes propos...

J’essaie d'accompagner mes apprenants dans leur parcours d'apprentissage afin qu'ils bâtissent leur propre savoir-être en considérant les rôles de chacun comme suit :




Rôles de l’Apprenant
Parcours d'Apprentissage
=
Élévation de l'information


Rôles de l’Enseignant

  • S'informe continuellement, reste à l’affût des informations des domaines qui l’intéressent : nouveautés, évolutions, ...
  • Exerce sa curiosité naturelle...
Une Information
devient une

  • Collecte, sélectionne, organise, explicite, illustre l’ensemble des informations relatives au domaine dont il a la charge afin de les présenter aux apprenants ;
  • Crée les conditions qui permettront aux apprenants de faire leurs propres recherches, leurs propres découvertes ;
  • Incite les apprenants à exercer leur curiosité...
Traite les informations afin :
  • d’identifier celles qu’il connaît déjà (qui sont susceptibles de renforcer sa propre vision du monde) et celles qui sont nouvelles pour lui ;
  • de vérifier leur véracité ;
  • d’opérer une synthèse en raccrochant ce qu’il sait déjà aux nouveautés ;
  • de les mémoriser.
une Connaissance qui enrichit
Facilite le traitement des informations par l’apprenant :
  • en fournissant des documents pertinents, compréhensibles, …
  • en allégeant la charge cognitive de travail de l’apprenant notamment en proposant un glossaire complet, des illustrations pertinentes, …
  • en proposant de multiples entrées (Supports visuels, auditifs, textuels, …) ;
  • en proposant à l’apprenant des moyens mnémo-techniques adaptés, des méthodes de travail ;

  • Identifie les connaissances dont il dispose pour caractériser la situation à laquelle il est confronté ;
  • Détermine/mobilise quelles connaissances utiliser pour tirer parti de la situation et la faire évoluer en sa faveur ;
un
Savoir
qui s'autonimise en
Confronte les apprenants à des situations susceptibles :
  • d’impliquer ces derniers personnellement (Individualisation) ;
  • de les amener à mobiliser leurs connaissances ;
  • de les obliger à utiliser leurs connaissances.

  • Capitalise sur son expérience passée pour gagner en assurance et en dextérité.
un
Savoir-faire
qui s'exerce au service d'

  • Observe l’apprenant en situation ;
  • Conseille / Accompagne l’apprenant sur ses pratiques ;
  • Favorise la confiance en soi ;
  • Incite au partage et à la collaboration.

  • Mobilise son expérience au service de ses semblables, de son métier, ...
  • Transmet, forme à son tour...
Savoir-être.


Si chacun, à un moment ou à un autre ne remplit pas son rôle, n'exerce pas son autonomie, ne prend pas ses responsabilités, le parcours d’apprentissage devient alors un parcours du combattant qui conduit à l’échec.

Pour filer la métaphore jusqu'au bout, je laisse à Maître Yoda le soin de conclure :

"Fais-le ou ne le fais pas, mais n'essaie pas !"



N'hésitez pas à réagir, proposer, compléter, amender !