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mercredi 9 décembre 2009

Une fois n'est pas coutume... je philosophe ? (3) (J'y prendrais goût... ;o)))))

Ce billet s'appuie sur les "50 secrets les mieux gardés de l'enseignement" présentés par Roberto GAUVIN pour souffler une réponse aux interrogations de Sylvain (évoquées dans un précédent billet) et de Missmath (évoquées dans cet autre billet).


J'ajoute que je partage la position qu'exprime Marie Rose dans son commentaire au billet initial : 

Secrets d'enseignants ?
Secrets de vie ordinaire tout bonnement !
Formatez ces 50 vérités au petit quotidien de tous les jours et votre planète tournera plus rond. Relisez pour vous en convaincre, car, par chance, l'enfer n'est pas que scolaire.


Mon secret préféré, pourrait bien être le N°3 :
3. Garde les petits problèmes petits. 


;o))

dimanche 29 novembre 2009

Une fois n'est pas coutume... je philosophe ? (2)

Dans le prolongement de mon précédent billet en réponse à Sylvain, je publie le commentaire rédigé en réponse au billet de Missmath à propos de l'Excellence Universelle :


"Ma chère cousine, ton billet fait écho à celui de Sylvain.

Tu publies ton S.O.S. alors que je suis moi-même confronté au(x) doute(s) avec une classe en particulier (adultes en reconversion/insertion) : la mayonnaise ne prend pas, je ne parviens pas à les intéresser, bien que l'échec dans ma matière soit éliminatoire à l'examen, ils ne font aucun effort.
Ils sont venus apprendre de la technique pratico-pratique et je leur demande de réfléchir sur un futur improbable (Etude Prévisionnelle à l'Installation), ainsi le veut le programme...

C'est sans doute confortable de rejeter la responsabilité de cet échec sur eux... mais, d'un autre côté, sur la dizaine de classes dont j'ai la charge, dans la même matière de base (la maîtrise des outils bureautiques au service de leur vie professionnelle), cette classe est la seule qui m'échappe.

Qui donc doit endosser la responsabilité : eux, moi, le système ?

D'une part, l'enseignant ne saurait être complètement responsable des décisions, ou de l'absence de décision, des apprenants qui exercent leur libre-arbitre.

D'autre part, ainsi que je le souligne dans un commentaire au billet de Sylvain, il est important de revenir aux fondamentaux.

Si, dans l'immédiat, nous (mes apprenants et moi au sein du système) ne sommes pas réceptifs afin d'être en mesure d'aborder le programme dans toute sa richesse et sa profondeur, alors, revenons à l'essentiel.

Revenons à ce qui pourra leur servir lorsqu'ils seront dans la situation décrite par ton professeur d'université : donnons leur les bases nécessaires et suffisantes pour qu'ils puissent réagir et corriger le tir quand ils y seront disposés et réceptifs.

Un mot sur le système et son fonctionnement : par définition, ce dernier est homéostatique.
Son état résulte de la somme des individualités sublimée/régulée/lissée par leurs interactions respectives.
De mon point de vue, le système n'est pas responsable, en ce sens qu'il n'est pas maître de son état.

Jean-François, dans son commentaire, traduit bien cet état de fait : nous sommes individuellement responsable de notre sphère d'influence.
La somme de nos sphères d'influence respectives peut constituer un évènement suffisamment déstabilisateur pour induire un changement...
Si nous parvenons à faire comprendre à nos apprenants qu'ils disposent de ce pouvoir fondamental, alors, pourquoi ne pas espérer ?"

mercredi 17 décembre 2008

Vers l’établissement d’enseignement numérique ?

Je signale cette publication du Ministère de l'Agriculture Français :


Enjeux et nouveaux usages des technologies de l’information et de la communication

dont voici le sommaire :
  • Bref rappel du cahier des charges et présentation du dispositif d’étude
  • La pré-enquête : une étape clarifiante
  • L’enquête : des confirmations et des dimensions originales
  • Quand deux enquêtes complètent et confirment les approches qualitatives
  • Quels scénarios pour les TIC ?
  • TIC et TICE en établissement : les conditions de la réussite
  • Des recommandations pour un plein engagement des acteurs
le résumé :

L’enseignement technique agricole public s’est engagé, dès la fin des années soixante dix, dans des pédagogies intégrant les technologies de l’information et de la communication. L’insertion récente dans les communautés éducatives de professeurs et de techniciens dédiés pour tout ou partie de leur temps au développement de ces technologies a marqué la volonté des pouvoirs publics d’en généraliser les usages. La multiplication des réseaux locaux et mondiaux, le recours quasi systématique à des bases de données automatisées, le bouleversement des techniques documentaires… métamorphosent les pratiques professionnelles de tous les personnels oeuvrant dans les établissements publics locaux d’enseignement et formation professionnelle agricoles (EPLEFPA).

C’est sur la base de ces constats et des enjeux sous-jacents que la Direction Générale de l’Enseignement et de la Recherche, ayant fait sienne une expression des représentants des personnels, a sollicité l’observatoire des missions et des métiers (OMM). En accord avec le secrétariat général lui-même demandeur d’une architecture d’ensemble des systèmes d’information cohérente et coordonnée, l’OMM a réalisé 2006 et 2008 une étude sur les métiers des technologies de l’information (TIC) en EPLEFPA et plus largement sur les usages des TIC au sein des EPLEFPA.

Un état des lieux quant aux usages

C’est en sollicitant plus de soixante-dix agents en poste dans six EPLEFPA qui représentent l’éventail des emplois qu’un état des usages des TIC a pu être dressé. Il apparaît en synthèse :

pour l’immense majorité des agents interviewés, les usages sont présentés par des verbes d’action et non en se référant à tel ou tel outil,

les établissements généralisent et diversifient l’usage des TIC. Ceux-ci offrent de nouvelles perspectives aux équipes pédagogiques mais elles sont très attentives au risque de fracture numérique pouvant handicaper des apprenants,

les usages des TIC à des fins éducatives sont en expansion mais on observe des dynamiques propres à chaque établissement. Par contre, dans les fonctions budgétaires et administratives, les développements s’avèrent largement harmonisés,

les contraintes dans le développement des TIC sont liées aux équipements disponibles, à la présence de personnels dédiés à leur développement et leur maintenance, aux politiques conduites par les Conseils régionaux et enfin à la vision des équipes de direction quant à la place des TIC dans les projets d’établissement.

Des enjeux sociétaux, éducatifs et d’établissement

La phase « Prospective » a été conduite en rencontrant une vingtaine d’experts.

L’analyse de leurs propos permet de faire ressortir trois catégories d’enjeux :

Enjeux sociétaux

L’usage maîtrisé des TIC dans la société de la connaissance, et pas seulement dans la société de l’information, est expressément identifié comme un moyen d’accéder et de participer tout à la fois à la société locale (« le territoire ») et à la société globale (« le village-monde »).

La maîtrise des outils de traitement de l’information constitue un point de passage obligé dans les processus de délibération et de prise de décision. L’information se doit donc d’être appréhendée de manière critique et structurée.

Enjeux éducatifs

L’accession à l’autonomie des apprenants dans l’usage des TIC doit être conduite avec un souci permanent, celui de combattre tout risque de fracture numérique, situation dont la » remédiation » est toujours coûteuse.

Les familles et les apprenants valorisent les apprentissages des TIC qui débouchent sur une professionnalisation : l’accès à un premier emploi de qualité est souvent conditionné par de tels savoir-faire.

Le système éducatif est conduit à choisir et expliciter ses finalités. Quel modèle d’Ecole ? L’Ecole comme lieu de vie où l’on apprend « tout » ou l’Ecole, lieu ponctuel, voire en marge, d’apprentissage ?

Enjeux d’établissement

La consolidation et le développement de l’engagement des acteurs de l’innovation pédagogique pose explicitement la question de leur soutien et de leur reconnaissance. A défaut, il est à redouter leur retrait.

La maintenance des équipements conditionne la crédibilité des dispositifs pédagogiques et administratifs innovants. Les exigences des utilisateurs s’avèrent toujours plus fortes : ils attendent implicitement des outils à « zéro panne ».

Quatre axes pour consolider les usagers des TIC

Politique nationale et rôles des Conseils régionaux : des coordinations nécessaires

Les familles des apprenants, les apprenants eux-mêmes et les communautés éducatives sont attachés à l'existence et à la mise en oeuvre d'une politique nationale. Les Conseils régionaux ne peuvent pas être uniquement considérés sous l'angle des contributions matérielles apportées ... même si celles-ci s'avèrent souvent très significatives. En effet, la majorité des apprenants, appréhendent leur insertion sociale et professionnelle au niveau régional.

Une visée : l’EPLEFPA comme système social « apprenant » Par système social apprenant, il convient d’entendre une entité sociale et culturelle complexe et ouverte, à décideurs multiples, dotée d’une éthique, d’une identité, d’une culture, portée par une vision et un système de valeurs.

Pour un usage « raisonné » des TIC au service de la triple insertion sociale, culturelle et professionnelle.

L’établissement est invité à prendre acte que les TIC imprègnent de plus en plus tous les domaines de la vie. Dès lors, il est invité à promouvoir des modalités concrètes d’apprentissage afin que les apprenants soient préparés à maîtriser les TIC et à en tirer bénéfice dans leur vie scolaire, professionnelle et sociale.

Tout membre de la communauté de travail est potentiellement porteur d’une vision éducative des TIC.

Ceci conduit à proposer une relance des plans locaux de formation pour développer des actions sur site afin que chaque communauté éducative dispose d’habiletés de haut niveau. En effet, chaque membre de celle-ci doit se considérer comme un vecteur de la diffusion de la culture numérique auprès des apprenants.

et la conclusion
La prospective est un art difficile où les plus audacieux se sont souvent trompés !

Au rythme des avancées technologiques, les révisions s’avèrent à hauts risques.
Une certitude semble néanmoins semer le trouble dans toutes les considérations sur le développement des TIC et des TICE dans le contexte de l’établissement : les jeunes, les élèves des établissements apprennent vite, et souvent bien, le maniement des nouveaux outils technologiques. « Ils ont une génération d’avance sur nous adultes », nous disait un CPE rencontré dans un établissement.

Habile façon de dire que les adultes pourraient avoir une génération de retard !
L’établissement ne peut durablement laisser s’installer un écart, voire un fossé entre les compétences multimédias toujours renouvelées des jeunes qui adoptent facilement les équipements et les comportements qu’ils induisent et une communauté adulte qui s’en tiendrait aux traditions et aux fondamentaux de la pédagogie.

La technologie d’aujourd’hui offre maints exemples où les équipements offrent un sens nouveau à la médiation du savoir et des connaissances : tableau interactif, palette graphique, logiciels de présentation, de calcul, sans oublier les logiciels professionnels auxquels s’initient les apprenants sur le site de l’établissement ou à l’occasion de séjours en entreprise.

C’est donc vers un paradigme d’alliance que les adultes et les apprenants doivent se diriger : sans coopération entre les générations, les TIC et les TICE parviendront difficilement à faire entrer l’établissement dans la société de la complexité.

Les TIC et les TICE ont ainsi la capacité de désacadémiser les savoirs et les connaissances. Elles sont donc rassembleuses et porteuses de progrès à condition d’être portées par des projets et une vision de progrès de l’éducation.

dimanche 13 juillet 2008

Education Fractale : un concept de Joël de ROSNAY

Au hasard de mes lectures, j'ai découvert le concept d'Education Fractale, présenté par Joël de ROSNAY.



Cet extrait de l'article, publié en décembre 1996 sur le site des Ceméa, vous permettra de vous faire une idée de cette démarche qui me séduit :



"Ce concept est au premier plan de la communication en général.



Aujourd’hui, notre communication est essentiellement linéaire.

Par exemple, à la télévision, dans les débats, dans les articles, dans les livres, la communication est linéaire.

Vous entendez un homme politique, un grand industriel, un journaliste ou un scientifique parler, il va commencer par 1, 2, 3, a, b, c, et développer le fil de son discours dans le temps.



Je pense qu’aujourd’hui, nous devons adopter une forme complémentaire de communication, que j’appelle la communication fractale.

Elle consiste à dire l’essentiel en quelques mots, à revenir à cet essentiel en quelques phrases, puis encore une fois en quelques chapitres, en quelques paragraphes.



Comme les poupées russes emboîtées les unes dans les autres, la communication ne doit plus se dérouler comme un fil linéaire dans le temps, mais au contraire, en spirale, de manière concentrique, quitte à revenir plusieurs fois sur les mêmes sujets.



J’adapte ce système de communication fractale que j’utilise, comme d’autres d’ailleurs, à l’éducation en général.

Non seulement le programme doit s’inscrire dans le temps par une série de chapitres prédigérés, découpés, qui constituent les éléments que l’on veut faire acquérir aux élèves, mais ces éléments doivent aussi, d’une manière fractale, concerner l’ensemble du programme.

Pourquoi, dans la première journée de classe, ne pas parler de l’ensemble du programme de l’année ; et ensuite, une fois que l’élève a compris quel était le terrain à baliser, quelle tâche on attendait de lui, revenir par modules sur des secteurs interdépendants de manière à créer la curiosité, la motivation et l’envie d’en savoir plus.



Il n’y a rien de pire que de dire : “ apprenez ça, même si vous ne comprenez pas à quoi ça sert, parce que vous en aurez besoin plus tard ”.



D’où l’éducation fractale. Je rappelle que ce terme de fractal, que j’emprunte au mathématicien Benoît Mandelbrot, consiste à décrire des structures et des fonctions qui se retrouvent aussi emboîtées les unes dans les autres, du minuscule au majuscule, du micro au macro.



On retrouve une même homogénéité de structures, là est le grand avenir de l’éducation, elle doit devenir fractale pour intéresser, passionner, motiver, plutôt que de se dérouler de manière linéaire, avec la surprise bonne ou mauvaise d’avoir, à la fin, la lumière qui éclairera ce long chemin parfois tortueux.
"



Cet extrait (1998) d'un autre article tiré des cahiers pédagogiques précisent les conséquences de ce concept sur notre façon d'enseigner.

"On ne doit plus enseigner des techniques mais des méthodes pour apprendre à apprendre.

 


Avec l'abondance de l'information qui sera bientôt disponible grâce aux réseaux, il faudra enseigner la diététique de l'information qui nous permette de choisir les ingrédients qui donnent sens à notre vie. C'est la raison pour laquelle, je préconise l'éducation en temps fractal.



L'éducation est encore taylorienne aujourd'hui. On se contente de prendre un programme et de le diviser en heures par semaines et de l'étaler sur l'année. Ce qui rend impossible l'ajout de nouvelles matières parce qu'il y aurait trop de cours.



Pour changer, il faudra adopter la méthode systémique, c'est-à-dire fondre plusieurs matières dans un même espace et ainsi décloisonner les connaissances.



La télé-éducation par CD et réseaux va déstabiliser l'école traditionnelle. Le conflit entre temps court (actualité, clips, zapping, jeux interactifs) et temps longs (éducation, formation, évolution, réflexion) va s'exacerber.



Une reconfiguration de la classe s'imposera, comme elle s'impose pour l'entreprise. Faute d'une

telle approche, l'école risque de se transformer en une grande garderie d'enfants, la vraie

éducation s'effectuant ailleurs.
"



Je vous invite à lire cette publication tirée du site du lycée St Ambroise de Chambéry, qui met en perspective le concept de Joël de ROSNAY et propose une réflexion sur comment le mettre en oeuvre : "Cet article nous propose la vision de l'enseignant, catalyseur du projet pédagogique, du système de communication pédagogique qui donne sens à la vie de tous les acteurs conscients de leur nécessaire interdépendance."



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