dimanche 29 novembre 2009

Une fois n'est pas coutume... je philosophe ? (2)

Dans le prolongement de mon précédent billet en réponse à Sylvain, je publie le commentaire rédigé en réponse au billet de Missmath à propos de l'Excellence Universelle :


"Ma chère cousine, ton billet fait écho à celui de Sylvain.

Tu publies ton S.O.S. alors que je suis moi-même confronté au(x) doute(s) avec une classe en particulier (adultes en reconversion/insertion) : la mayonnaise ne prend pas, je ne parviens pas à les intéresser, bien que l'échec dans ma matière soit éliminatoire à l'examen, ils ne font aucun effort.
Ils sont venus apprendre de la technique pratico-pratique et je leur demande de réfléchir sur un futur improbable (Etude Prévisionnelle à l'Installation), ainsi le veut le programme...

C'est sans doute confortable de rejeter la responsabilité de cet échec sur eux... mais, d'un autre côté, sur la dizaine de classes dont j'ai la charge, dans la même matière de base (la maîtrise des outils bureautiques au service de leur vie professionnelle), cette classe est la seule qui m'échappe.

Qui donc doit endosser la responsabilité : eux, moi, le système ?

D'une part, l'enseignant ne saurait être complètement responsable des décisions, ou de l'absence de décision, des apprenants qui exercent leur libre-arbitre.

D'autre part, ainsi que je le souligne dans un commentaire au billet de Sylvain, il est important de revenir aux fondamentaux.

Si, dans l'immédiat, nous (mes apprenants et moi au sein du système) ne sommes pas réceptifs afin d'être en mesure d'aborder le programme dans toute sa richesse et sa profondeur, alors, revenons à l'essentiel.

Revenons à ce qui pourra leur servir lorsqu'ils seront dans la situation décrite par ton professeur d'université : donnons leur les bases nécessaires et suffisantes pour qu'ils puissent réagir et corriger le tir quand ils y seront disposés et réceptifs.

Un mot sur le système et son fonctionnement : par définition, ce dernier est homéostatique.
Son état résulte de la somme des individualités sublimée/régulée/lissée par leurs interactions respectives.
De mon point de vue, le système n'est pas responsable, en ce sens qu'il n'est pas maître de son état.

Jean-François, dans son commentaire, traduit bien cet état de fait : nous sommes individuellement responsable de notre sphère d'influence.
La somme de nos sphères d'influence respectives peut constituer un évènement suffisamment déstabilisateur pour induire un changement...
Si nous parvenons à faire comprendre à nos apprenants qu'ils disposent de ce pouvoir fondamental, alors, pourquoi ne pas espérer ?"