Ce billet présente la réflexion que j'ai mené à la suite d'un échange, fort riche, sur les ENT.
Si la présentation visuelle, en cascade, des JOGS exemples que tu proposes peut dérouter, je retiens l'idée.
En pratique, fort de ma petite expérience des TICs, je retrouve les mêmes contraintes avec cet outil, qu'avec les autres outils que j'utilise (Freemind, Compendium, Googles DOCS, DELICIOUS) :
* pas facile de travailler en temps réel : ajouter un document dans le bon JOG, au bon endroit n'est pas aisé ; de plus, il faut disposer d'une machine connectée en permanence si l'on veut intégrer l'outil à son quotidien ;
* pas facile de réaliser un travail de fond : les applis WEB2.0 en général, ne proposent pas d'outils simples et efficaces pour structurer, organiser, ré-organiser, assembler, ré-assembler les informations ;
* collecter de l'information est devenu un jeu d'enfants, stocker pour retrouver ensuite devient plus facile avec les outils de BookMarking : le risque, c'est de collectionner les données, sans les exploiter.
Dans ma pratique de veille, je lis beaucoup.
Sur le moment, les documents me paraissent intéressants, je vois bien comment les intégrer dans mes pratiques.
Puis, le flot de la vie, me conduit à seulement les référencer, je ne fais pas forcément l'effort de rédiger une synthèse et de l'intégrer à mon existant...
Il y a bien des années, j'ai rencontré François JACOBIAK, alors patron de la veille technologique ELF-ATOCHEM : j'avais 25 ans, il approchait de la retraite.
Il m'a fait comprendre que j'étais à l'âge où on emmagasine comme une éponge, sans trop se poser de question sur le pourquoi du comment...
A son âge, avec l'expérience, on vise la qualité et non la quantité : il cherchait LA bonne référence, celle dont la valeur ajoutée lui permettrait de progresser dans sa réflexion du moment.
Presque 20 ans plus tard, je suis devenu cet homme à la recherche de LA bonne référence, face à des apprenants qui se jettent sur l'information tous azimuts.
Je me suis aperçu que mes apprenants étaient friands de ressources documentaires, mais aussi, qu'ils n'en faisaient rien, si ce n'est les ajouter à leur collection...
J'ai tenté de pratiquer l'Enquiry Based Learning.
Avec le recul, je ne suis pas certain de l'efficience de cette méthode : les apprenants se focalisent sur la recherche et oublient l'analyse et la synthèse, bref, ils se contentent d'accumuler de l'information sans créer de savoir !
Ces réflexions me conduisent à faire évoluer ma pratique pédagogique : des activités pédagogiques moins nombreuses, scénarisées, évaluées en temps réel, dans l'espoir d'attirer mes apprenants sur le terrain de la réflexion, de la construction de savoir au lieu d'entretenir la course à l'information.
