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mercredi 30 décembre 2009

Apprendre pour maîtriser et décider, pas si bête !

J'ai eu le plaisir de suivre ce reportage, A l'école des pilotes de chasse de l'aéronavale, qui retrace le parcours de formation des pilotes de la marine française.
Le réalisateur s'attarde davantage sur les méthodes et les objectifs de formation du métier de pilote, délaissant les aspects plus militaires.


J'y ai appris, d'une part, que le niveau scolaire de départ n'était pas nécessairement très élevé comme je me l'imaginais.
D'autre part, je retiens cinq éléments marquants :

  1. Le pilote d'un avion est amené à traiter, en temps réel, une très grande quantité d'informations : il doit donc libérer son esprit des contingences pour se concentrer sur l'analyse de la situation et la prise de décision qui en découle.
    Cette
    libération passe notamment par une maîtrise absolue d'un contenu disciplinaire volumineux (les check-list et autres procédures...) : l'élève pilote ne doit pas avoir à réfléchir, le contenu doit être opérationnel immédiatement. Ainsi que le souligne un officier : On n'attend pas d'un élève-pilote qu'il restitue par coeur une check-list, on veut qu'il l'applique quand c'est nécessaire, avec pertinence !
  2. L'esprit de groupe est important : les meilleurs sont invités, avec insistance, à aider les plus faibles. Je crois même pouvoir affirmer que pour faire partie des meilleurs, les élèves pilotes doivent s'entraider, au delà de la compétition générée par le processus de sélection.
    Cette
    politique d'entraide (J'emploie le mot politique pour rendre compte de la volonté organisationnelle de cette démarche) joue à l'intérieur d'une même promotion, mais aussi inter-promotionnelle : l'expérience doit servir au groupe !
  3. Cette entraide inter-promotionnelle, au delà du partage de l'expertise acquise, vise à favoriser la communication : qui mieux qu'un élève pilote peut comprendre un autre élève pilote ?
  4. Après chaque exercice, l'élève pilote a l'obligation de rédiger une auto-critique où il doit consigner sa vision de l'exercice et la mettre en relation avec le contenu sous-jacent (les procédures) et ses prises de décision.
    Cette auto-critique fait ensuite l'objet d'un de-brieffing avec l'instructeur qui explicite les erreurs commises et renvoie aux apports théoriques correspondants.
    De mon point de vue, les aspects positifs ne sont pas assez mis en valeur : tout juste s'ils font l'objet d'une remarque encourageante à la fin de l'entretien...
  5. Les instructeurs ont tous pratiqué, dans la vraie vie (ce qui est rarement le cas des enseignants ministériels !),  la discipline qu'ils enseignent : ils ne s'embarrassent pas de concepts pédagogiques alambiqués : il n'est pas question de faire la différence entre une connaissance, une connaissance opérationnelle, une compétence...
    On apprend et on est capable ou pas, d'utiliser ce que l'on a appris !
Le hasard n'a pas sa place dans cette formation : tout est pensé, calculé, scénarisé pour amener l'élève pilote à prendre la bonne décision au bon moment, celle qui lui sauvera la vie.
Mais avant d'en arriver là, il faut travailler pour mémoriser, intégrer, apprécier, décider : il est important d'apprendre un contenu qui doit s'effacer dans l'action.


Je ne peux m'empêcher d'opposer cette conception à celle d'un chorégraphe (dont j'ai oublié le nom) dont une émission de radio dressait la biographie.
La seule consigne qu'il donnait aux danseurs qui se présentaient pour être recrutés dans sa troupe était la suivante : Etonnez-moi !

jeudi 12 février 2009

A propos d'évaluation...

Je fais suite à mon précédent billet sur La raison d'être et l'intérêt de l'évaluation des compétences en rebondissant sur cette maxime tirée du dernier projet de Google, Power Meter :


"If you cannot measure it, you cannot improve it." — Lord Kelvin

"On ne peut améliorer ce qu’on ne peut mesurer"


dimanche 1 février 2009

Expliciter l'implicite...

Le hasard de mes lectures m'a conduit à prendre connaissance de ces trois références :



Bien que les sujets abordés soient distincts, j'y vois un dénominateur commun.

Comment l'apprenant et l'enseignant peuvent-ils oeuvrer ensemble dans le but d'expliciter l'implicite ?


Comment l'apprenant peut-il prendre conscience de ce qu'il sait ?
Y parvenir lui permettrait sans doute de mieux :
  • comprendre ces actes ;
  • exprimer ses besoins à l'enseignant ;
  • identifier les connaissances qui lui font défaut.
Comment l'enseignant peut-il exprimer son expertise sous une forme assimilable ?
Y parvenir lui permettrait sans doute de :
  • transmettre l'essentiel, c'est-à-dire les heuristiques nécessaires et suffisantes à l'apprenant pour qu'il apprenne de manière autonome ;
  • formuler son savoir de manière à le rendre accessible.
Qu'en pensez-vous ?

mercredi 28 janvier 2009

La raison d’être et l’intérêt de l’évaluation des compétences

Prolongeant mon billet sur La Classe, une communauté en ligne directe et mes interrogations relatives à la gestion de l'humain en pédagogie, je vous propose de découvrir ce que j'ai retenu de cet article.


On y trouve notamment une référence aux travaux d’Amartya Sen sur l’approche par les capacités qui incite à prendre en considération l’étendue de la "liberté réelle" de l'individu.

Ces travaux bien que très éloignés de mes préoccupations quotidiennes soulignent avec pertinence la nécessité de ré-introduire l'humain dans nos pratiques pédagogiques.

Je retiens que l'évaluation des compétences facilite :
  • l'appropriation, le ré-investissement des connaissances ;
  • l'aisance gratifiante a les recombiner et a les reactiver en contexte ;
ce qui, selon moi, renforce l'apprenant en tant qu'être humain autonome dans sa capacité à agir en situation d’incertitude relative face à un probleme complexe ou inédit.

Découvrez ci-dessous la carte heuristique :


mercredi 21 janvier 2009

La classe une communauté en ligne...directe !

Dans un précédent billet je présentais le résultat de mes lectures à propos de l'animateur multimédia idéal capable de bien gérer une communauté en ligne.


Il me semble opportun d'établir un parallèle avec l'enseignant dans sa classe.

François MULLER, sur son site, propose cette roue de compétences pour l'enseignant dans laquelle on retrouve l'animation (3 compétences sur 30) :


Auxquelles s'ajoutent les 30 compétences pour développer l'autonomie des apprenants :





La présentation très complète de François MULLER est rassurante, exhaustive.

Et pourtant, son caractère très analytique m'effraie : il n'y aurait plus de place pour l'improvisation, tout devrait être maîtrisé, réfléchi, planifié...

Ma petite expérience me conduit à penser que l'humain doit être privilégié, ce que souligne Florence MEICHEL dans ce billet, Lacher-prise et pédagogie sur Apprendre2.0.

La préparation minutieuse, voire exhaustive, d'un cours dont j'étais assez fier, ne suffit pas à en garantir le succès, comme en témoignent les difficultés que je relate dans le fil de discussion associé à ce billet.

dimanche 25 mai 2008

De la transmission des savoirs à l'approche par compétences (Notes de lecture)

De la transmission des savoirs à l'approche par compétences (Notes de lecture)

Dossier d'actualité - De la transmission des savoirs à l’approche par compétences - avril 2008

Finalement, DeSeCo a mis en avant neuf compétences clés, réparties en trois catégories, susceptibles d'être pertinentes pour tout ressortissant d'un pays de l'OCDE, voire au-delà :

Agir de façon autonome

  • capacité à agir dans le contexte global ;
  • capacité à élaborer et à réaliser des projets de vie et des programmes personnels ;
  • capacité à défendre et à affirmer ses droits, ses intérêts, ses limites et ses besoins ;

Se servir d'outils de manière interactive

  • capacité à utiliser le langage, les symboles et les textes de manière interactive ;
  • capacité à utiliser le savoir et l'information de manière interactive ;
  • capacité à utiliser les technologies de manière interactive ;

Interagir dans des groupes hétérogènes

  • capacité à établir de bonnes relations avec autrui ;
  • capacité à coopérer ;
  • capacité à gérer et résoudre les conflits.
On note que cette liste de capacités contient des verbes d'action d'une part, et pour chaque verbe, une liste de connaissances à maîtriser.

Les compétences clés de l'Union européenne

Au niveau de l'Union européenne, lors du conseil européen de Lisbonne de mars 2002, qui marque le point de lancement de la stratégie du même nom, les représentants des États déclarent qu'il convient « [d']adopter un cadre européen définissant les nouvelles compétences de base dont l'éducation et la formation tout au long de la vie doivent permettre l'acquisition : compétences en technologies de l'information, langues étrangères, culture technologique, esprit d'entreprise et aptitudes sociales ».

Dès 2002, un groupe d'experts propose huit compétences clés :

  • la communication en langue maternelle ;
  • la communication en langues étrangères ;
  • les TIC ;
  • la numératie et les compétences en mathématiques, sciences et technologie ;
  • l'esprit d'entreprise ;
  • les compétences interpersonnelles et civiques ;
  • apprendre à apprendre ;
  • la culture générale.

Après divers rapports et propositions des groupes de travail, une « recommandation du parlement européen et du conseil sur les compétences clés pour l'éducation et la formation tout au long de la vie » est finalement adoptée le 16 décembre 2006 (UE, 2006).

Elle propose un cadre de référence autour de 8 compétences clés :

  • communication dans la langue maternelle ;
  • communication en langues étrangères ;
  • compétence mathématique et compétences de base en sciences et technologies ;
  • compétence numérique ;
  • apprendre à apprendre ;
  • compétences sociales et civiques ;
  • esprit d'initiative et d'entreprise ;
  • sensibilité et expression culturelles.
Contrairement à la liste de l'OCDE, cette liste ce borne à décrire sommairement un corpus de connaissances.
La notion de compétence s'est déployée dans un deuxième temps dans le monde de la formation des adultes et de la didactique professionnelle, pour mieux adapter les contenus d'enseignement aux situations de la pratique professionnelle. Il s'agissait de reconnaître la place déterminante des « connaissances en actes » ou des « concepts pragmatiques » qui sous-tendent l'activité efficace.
La compétence se définit en terme d'action efficace dans le cadre d'une pratique professionnelle.

De nombreux chercheurs soulignent aussi que, de même que l'apprentissage par objectifs a accompagné l'économie tayloriste, la montée en puissance de l'approche par compétences accompagne une économie basée sur l'autonomie et la flexibilité de la personne. Pendant longtemps, les contenus des programmes scolaires étaient découpés en de multiples micro-objectifs, et le système éducatif s'inscrivait dans une perspective comportementaliste (béhaviorisme), à l'image du triomphe de l'approche taylorienne de l'organisation du travail en entreprise. La référence grandissante au concept de compétence épouse logiquement une autre conception de l'entreprise, fondée sur l'autonomie et la flexibilité du travailleur (Jonnaert, Barette et al., 2004).
Paradoxalement, certains estiment au contraire que le courant de l'approche par compétences, du moins dans sa version initiale, est issu du taylorisme et de l'organisation du travail, en somme du monde de l'industrie (Boutin, 2004).

Cette origine « professionnelle » du concept de compétence est souvent suspectée de réduire les ambitions de l'éducation. Marcel Crahay juge ainsi que « la notion de compétence traduit une perspective utilitariste chère au monde anglo-saxon : la cognition est subordonnée à l'action, elle-même finalisée par un problème à résoudre » (Crahay, 2006).

Notons par ailleurs que le concept ne pas de soi non plus dans le monde de l'entreprise. Les compétences dites relationnelles ou sociales, si importantes dans les activités de service, s'avèrent par exemple particulièrement difficiles à formaliser (Lemaître et Hatano, 2007), et les procédures de validation des acquis de l'expérience (VAE) font apparaître souvent une confusion entre reconnaissance, compétences et expérience. Entre le fait d'identifier une activité et celui de l'évaluer et de la mesurer, les formateurs sont confrontés à autant de problèmes qui se retrouveront inévitablement posés, avec encore plus de force, lors de l'introduction des compétences au sein de l'enseignement obligatoire.

L'individu compétent doit être autonome et adaptable dans le cadre de ses activités professionnelles.

Lorsqu'on parle de compétences comme nouveau paradigme éducatif, on se réfère plutôt à la possibilité pour un individu de mobiliser de manière intériorisée un ensemble intégré de ressources, en vue de résoudre une famille de situations-problèmes, selon la définition de X. Roegiers (2004). S'intéressant surtout à la formation professionnelle, Le Boterf (2006) a défini le savoir-agir au coeur de la compétence, en décomposant celle-ci en :

  • savoir-mobiliser ;
  • savoir-intégrer ;
  • savoir-transférer.
Etre compétent, suppose de savoir-agir c'est-à-dire d'exploiter les connaissances acquises et de les extrapoler à toutes situations potentielles.
La prise en compte des compétences dans le monde de la formation dénote de façon plus générale le passage progressif d'une centration sur les savoirs, considérés comme préalables à l'activité et souvent abordés de manière décontextualisée, à une prise en compte des activités dans lesquelles ces savoirs s'incarnent (Legendre, 2008).

Le savoir-agir de la compétence suppose la capacité à investir dans l'action les savoirs précédemment acquis mais aussi la capacité à abstraire de ses actions des savoirs qui pourront être réinvestis dans de nouveaux contextes.
On voit apparaître içi la notion d'expérience sur laquelle l'individu doit pouvoir s'appuyer pour s'adapter à de nouvelles situations.

Trois degrés de compétences sont finalement distingués, dont seuls les deux derniers méritent vraiment d'être appelés « compétence » :

  • une compétence élémentaire : savoir exécuter une opération en réponse à un signal (procédure automatisée, habileté) ;
  • une compétence avec cadrage : interpréter une situation inédite et choisir la compétence élémentaire qui convient ;
  • une compétence complexe : choisir et combiner plusieurs compétences pour traiter une situation nouvelle et complexe (Rey, Carette, Defrance & Kahn, 2006).
Où l'on retrouve l'autonomie et l'adaptabilité dont l'individu doit faire preuve pour agir avec efficacité.
Les habiletés complexes du domaine des compétences reposent sur la mobilisation de plusieurs savoirs et savoir-faire (Scallon, 2007).

Trop souvent, "le concept de compétences se substitue simplement à celui d'objectifs sans modifications réelles derrière, avec la multiplication d'objectifs opérationnels renommés compétences",
Comment définir une compétence ?

Une compétence reposerait sur la mobilisation et la coordination d'une diversité de ressources par une personne en situation ; une compétence ne se développerait qu'en situation ; une compétence ne serait atteinte que dans le cas d'un traitement achevé de la situation.
A défaut d'une définition, une caractérisation.
Or, si la contextualisation des connaissances constitue une première étape du processus de construction cognitive, leur décontextualisation en constitue la seconde : diversification des contextes d'apprentissage ou des problèmes, conceptualisation et intégration de tout concept nouveau dans un réseau, stimulation de la réflexion métacognitive.
Pour pouvoir ré-utiliser une connaissance acquise dans un contexte donné, un individu doit en extraire le concept sous-jacent et le relier aux autres concepts qu'il connait.
En ce domaine, on parle de plus en plus souvent de « curriculum », notion d'abord développée dans la sociologie de l'éducation de langue anglaise et qui tend maintenant à se généraliser au niveau international.
Le curriculum renvoie d'abord à l'idée de plan et d'organisation, de construction intellectuelle qui englobe tout le processus d'enseignement-apprentissage : intentions, contenus, organisations, méthodes, environnement, évaluation... (Audigier, Crahay & Dolz, 2006). Il s'intéresse à la totalité et à la réalité du cursus des élèves sur l'ensemble des années de scolarité ainsi que sur l'ensemble des enseignements qu'ils sont appelés à suivre : « on quitte le patchwork, le puzzle, l'empilement informe pour en arriver à un ensemble ordonné, dans le sens qu'on va voir » (Gauthier 2006). De ce point de vue, l'approche par compétences permet de lutter contre la fragmentation des apprentissages, de donner du sens aux savoirs en dépassant l'horizon de la réussite aux épreuves scolaires. Elle signifie un recentrage sur les processus d'apprentissage de l'élève plutôt que sur les contenus d'enseignement (Houchot & Robine, 2007).
Il s'agit d'aider l'individu à bâtir son propre réseau sémantique, sa propre carte heuristique en y intégrant l'ensemble des connaissances, des concepts dans une optique d'utilisation en situation réelle.
Dans cette perspective, privilégier le développement de compétences c'est faire en sorte de ne pas dissocier les savoirs que l'on juge pertinent de faire acquérir à l'élève du traitement qui en est attendu et des situations dans lesquelles ces savoirs ont vocation à être mobilisés.

Roger-François Gauthier estimait qu'il « convient de vérifier que la centration sur les compétences ne correspond pas à un abandon des savoirs et des chances de construire chez l'élève une culture sur le monde, ainsi qu'à une préférence accordée à des compétences de bas niveau, facilement évaluables, mais peu élaborées : la notion de compétence-clé, par exemple, selon les documents, peut être au service d'un projet ambitieux incluant explicitement des savoirs (voir la définition des 8 compétences-clés par l'Unité européenne Eurydice) ou au contraire peut être plus orientée vers les seules compétences, dont celle d'«utiliser» les savoirs, comme dans la définition des compétences-clés donnée par l'OCDE, sans qu'il soit question à proprement parler d'« acquérir » les savoirs en question » (Gauthier 2006).
Agir vite et bien suppose d'avoir un bagage intellectuel suffisant pour prendre les bonnes décisions en situation réelle.
Pour complèter cette lecture, je vous invite à lire avec intéret cette page, issue du site de François MULLER

jeudi 8 mai 2008

Les compétences des tuteurs et des apprenants à distance selon Faouzia Messaoudi

Les compétences des tuteurs et des apprenants à distance selon Faouzia Messaoudi (Notes de lectures)

http://blogdetad.blogspot.com/2008/04/les-comptences-des-tuteurs-et-des.html
Compétences requises chez le tuteur en ligne

Compétences requises chez l'étudiant en formation à distance