jeudi 16 avril 2009

De l'importance du choix du vocabulaire... et du langage (3)

Dans la série sur ma prise de conscience de l'importance du vocabulaire et du langage en pédagogie, je vous invite à lire La communication dans l'aide au développement publié sur le blog de la Banque des savoirs par Anaïs JOSEPH.


On peut y lire, entre autre :
"Comment passer d'une langue écrite à une langue orale ? Comment s'assurer qu’un texte contenant des notions techniques est bien compris malgré les barrières culturelles... Pour avoir vingt fois remis ces questions sur le métier, le linguiste Henry Tourneux propose désormais des pistes à suivre."
et aussi :
"Ainsi, comment traduire le terme de "contraception" ? En langue peule, le mot peut se traduire par "barrer la route aux enfants". Un message plutôt mal reçu par des populations qui connaissent une mortalité infantile élevée. Au terme d’une enquête, Henry Tourneux a proposé d’utiliser une autre formulation : "Espacer entre eux les plants de sorgho lors du repiquage", autrement dit par le linguiste, "il ne s’agit plus de supprimer des enfants virtuels, mais d’accorder à chacun l’espace nécessaire pour son bon développement, ce qui correspond à espacer les naissances." Cette métaphore a été bien mieux accueillie car elle s’inspire d’une pratique agricole dont la population connaît l’intérêt et l’efficacité. "

J'ai déjà souligné ma difficulté à rédiger des consignes d'activités pédagogiques compréhensibles par chacun de mes apprenants.

Je prends conscience aujourd'hui que mes efforts (rédaction concise, phrases courtes bâties avec un vocabulaire simple) sont insuffisants !

Je ne pense pas que l'écart entre mes apprenants et moi-même soit aussi important que celui évoqué.

Néanmoins, à la lumière du billet cité ci-dessus, comment appréhender le monde de chaque apprenant pour être compris sans ambiguïté ?

  • Est-ce mon monde, celui des enseignants qui n'est plus en phase avec celui des apprenants ?
  • Les enseignants doivent-ils adopter un langage adapté aux apprenants ?
  • Cette adaptation est-elle un signe de régression, d'abandon d'un niveau d'exigence jusque là trop élevé ?
  • Où situer ce niveau d'exigence ?
  • Peut-on considérer qu'un apprenant qui maîtrise le langage de sa classe d'âge répond tout aussi bien aux exigences d'un niveau conceptuel élevé (cf. taxonomie de Bloom, SOLO) ?
  • Cet apprenant pourra-t-il s'intégrer dans la société si tel est le cas ?