mardi 11 novembre 2008

Les cartes heuristiques pour lutter contre le Copier-Coller ?

Le Copier-Coller est devenu un sport très prisé par nos chers têtes blondes.


Si l'aspect pillage des ressources est important, il ne doit pas masquer l'absence de travail personnel et intellectuel qui en résulte.

J'ai observé mes apprenants lorsque je leur demande de réaliser un exposé.

Ils foncent tête baissée :
  1. ils cherchent frénétiquement sur Internet un document tout en un, qui leur permette de répondre à ma demande en un minimum d'effort ;
  2. ils copient ce qui leur parait intéressant ;
  3. ils complètent éventuellement avec un deuxième document ;
  4. ils modifient un peu la présentation...
et Hop, Msieur, j'ai fini...

Lors d'une prochaine séance de travail, je vais tenter de les faire travailler différemment, sans pour autant interdire le Copier-Coller.

Je précise que j'utilise la suite Microsoft Office 2003... qui, de mon point de vue, présente des arguments de poids en terme d'intégration, comme vous le constaterez par la suite...

Le propos de ce billet n'est pas de présenter les avantages de l'utilisation des cartes heuristiques en pédagogie, d'autres, bien plus au fait que moi du sujet, l'ont déjà fait...

Dans un premier temps, mes apprenants vont devoir bâtir une Carte Heuristique en respectant les contraintes suivantes :
  • chaque noeud ne devra pas contenir plus de 7 mots.
    Pourquoi 7 ?
    Parce que c'est la valeur communément admise pour l'empan mnémonique...
    Nous verrons plus loin l'importance de cette consigne.
  • à chaque noeud de premier niveau devra correspondre un chapitre de l'exposé.
  • à chaque noeud de deuxième niveau sera associé l'URL de la page qui l'a inspiré (Je pourrais ainsi rebondir sur les notions associées aux droits d'auteur et aux obligations de citation).
Dans un deuxième temps, un simple Copier-Coller de leur carte dans un document Word leur offrira l'opportunité de constater que leur travail préparatoire est facilement rentabilisé.

Ils obtiennent ainsi, un document :
  • dont la mise en forme, fidèle à la structure de la carte heuristique, est déjà réalisée à l'aide de styles ;
  • facile à étoffer par une re-rédaction de paragraphes complémentaires à partir de la courte phrase initiale ;
  • aisément amendable, notamment pour y inclure des illustrations et mettre en valeur le contenu ;
  • dont ils pourront corriger l'orthographe avec le correcteur (qui ne fait pas tout, je sais...) ;
  • dans lequel ils pourront automatiser la production de la table des matières.
Dans un troisième temps, la passerelle entre Word et PowerPoint leur permettra d'obtenir quasi-automatiquement, un diaporama dont l'essentiel aura été réalisé en amont...

Le respect de ma consigne relative à l'empan mnémonique prend toute sa valeur içi, puisqu'il est communément admis qu'une diapositive doit respecter ce dernier.

Je souhaite démontrer à mes apprenants qu'avec :
  • un peu de bon sens et de curiosité (pour sélectionner les informations nécessaires et suffisantes à la rédaction de l'exposé) ;
  • une maîtrise raisonnée des outils bureautiques ;
  1. Ils sont en mesure de simplifier les démarches de conception/publication des supports de présentation de leur exposé.
  2. Ils peuvent ainsi consacrer davantage de temps à la recherche des informations nécessaires et assouvir leur curiosité, au lieu de passer du temps à faire du Copier-Coller de textes dont les présentations hétérogènes rendent difficiles les étapes de conception/publication des documents supports.
  3. Ils peuvent être fiers d'avoir produit du contenu.
Et toi, cher lecteur, qu'en penses-tu ?

10 commentaires:

florence Meichel a dit…

Ce serait bien que parallèlement à cette étape guidée, tu mettes en place un projet de mindmapping libre (sans aucune contrainte)...par exemple pour faire une synthèse de ce qu'il retienne de cette expérience...une sorte d'auto-évaluation sous forme de mindmapping...pourrait-être intéressant de ne pas noter ce travail !

florence Meichel a dit…

ils retiennent pardon

erdelcroix a dit…

selon l'outil employé, ils peuvent faire un plan directement dans word... afin de réaliser leur exposé.

C'est la méthode qu'emploie Xavier Delengaigne pour écrire ces livres :-)

Gaël PLANTIN a dit…

Oui Florence, ton idée de synthèse s'inscrit bien dans ma pratique des traces d'apprentissage.

Le mode Plan de Word est intéressant, cependant, il n'offre pas la possibilité de travailler graphiquement sur le contenu...

C'est pourquoi j'ai recours au MindMapping d'abord.

Anonyme a dit…

Bonjour Gael,
Excellent cette stratégie pédagogique :)
Je voulais te demander ton avis sur la possibilité d'utiliser OpenOffice en substitut du PackOffice ? Identifie-tu des contraintes ?
Pour ce qui est des avantages, si freemind est utilisé par les apprenants, il y a la possibilité d'exporter la mindmap vers OOO (ce qui crée des titres avec les styles adéquats, etc.) ce qui renforcerait "l'opportunité de constater que leur travail préparatoire est facilement rentabilisé."

Merci :)

Bien à toi,

Ghislain

Gaël PLANTIN a dit…

Bonjour Ghislain !

Oui l'inter-opérabilité est importante, elle existe, via un copier coller pour la suite MS-Office, soit une utilisation encore plus intuitive que l'exportation...

Mais a priori, je ne vois aucune contre-indication à l'utilisation d'OpenOffice...

Missmath a dit…

Oh que c'est intéressant comme idée.
Je retiens et applique pour la prochaine session.

Merci !

Gaël PLANTIN a dit…

Je complète ce billet en renvoyant à la lecture du Blog de T@d : Aider les apprenants à ne pas plagier et à constituer une bibliographie et au commentaire que j'y ai posté.

Cédric Ridel a dit…

j'ai testé l'export vers OpenOffice mais la version 0.8 de freemind produit un fichie sxw, c'est à dire OpenOffice 1, assez peu zfficace. Le projet freemind étant devenu FreePlane, j'ai téléchargé cette nouvelle version, encore en alpha ( http://sourceforge.net/projects/freeplane/files/freeplane%20testing/1.0.20%20alpha/freeplane_bin-1.0.20.zip/download ). Bonne surprise, l'export vers OpenOffice 3.1 marche parfaitement (fichier ODT), fichier à son tour exportable vers le module Impress avec le plan tout bien propre et paré pour une présentation !

Gaël PLANTIN a dit…

Merci, Cédric, pour cette info.

Personnellement, j'attends que Freeplane ne soit plus en version Alpha pour tenter l'aventure.